Un sourire épanoui sous une fière moustache broussailleuse et un regard infiniment doux qui se pose avec générosité sur I’opacité de la
vie, sur cet univers de personnages décharnés qui crient leur désarroi dans le silence de la toile. Idrissi était fasciné par l’autre versant, la face cachée de l’homme, de ce que I’oeil effleure
sans jamais s’y fixer réellement ou occulte par indifférence. Toute son oeuvre picturale peut être considérée comme un message une forme de dénonciation de certains aspects de l’existence, une
solidarité avec les damnés de la terre. Sa dimension humaine pouvait paraître comme en contradiction avec sa peinture, en réalité elle traduisait un langage du cœur et s’enracinait comme dans une
caisse de résonance sur ce qui l’entourait, sur ce que les autres ne pouvaient percevoir. Ses tableaux le témoignage d’une époque, c’était aussi le refuge de ses insomnies qu’ il escaladait
lorsque la douleur chassait le rêve.
Son approche autour du corps humain n’était-elle pas un désir de dépasser ou de transcender ces images de désespoir qu’il peignait pour aspirer à un monde moins vulnérable .Pourtant, dans son
univers, la beauté est là. Cette forme de beauté dont partait Baudelaire « je ne conçois pas un type de beauté ou il n‘y ait du Malheur » .La beauté de la modernité et non la beauté du pathose
héllénisque opposée à la beauté classique.
Par ses oeuvres qui déroutent par certains égards, Idrissi nous rendait plus proche, plus aimable de ce qui est, à l’oeil nu, repoussant ou insupportable. Son approche originale parle choix d’une
thématique de la douleur démontre l’amour qu’il porte l’autre. Je garde de ce grand peintre et ami, cette image qu’il a su sauvegarder durant tout son itinéraire artistique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander




Derniers Commentaires